Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurk

Beurk !

 

Il y a des aliments que nous ne sommes pas prêts d’avaler, ceux qui nous inspirent du dégoût. De manière instinctive ou culturelle, nous les excluons de notre alimentation. Si nous allions jeter un œil analogique à ces aliments qui nous rebutent ? Notre dégoût doit bien cacher une petite perle de sens…

 

Le dégoût

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Mais quelle tête nous avons quand le dégoût est là ! Il nous fait prendre la grimace, front plissé, bouche vers le bas, nez pincé pour ne capter aucune odeur. Et rien qu’à l’idée d’ingérer cette chose qui nous répugne, notre gorge se serre. D’ailleurs, autre chose qu’un aliment peut nous dégoûter. Une situation, une image, une idée… Le constat est le même. Nous voici dans l’impossibilité d’accueillir en nous l’objet de ce dégoût que nous évitons ou refusons.

Si le dégoût n’existait pas, nous avalerions peut-être de la nourriture avariée sans nous méfier ou accepterions des situations que nous ne sommes pas prêts à vivre.

Donc, en général, avec la loi du principe, le dégoût vient nous parler de ce que nous n’avons pas à ingérer, à accueillir en nous, à rencontrer, à faire notre. De ce à quoi nous n’avons pas à nous identifier. Le dégoût nous invite à la dissociation.

Allons voir quelques perles de sens que nous offre le dégoût d’aliments en particulier.

« Tous les goûts sont dans la nature, et les dégoûts dans la culture. » Gabriel Martinez

 

Des aliments détestés

D’une personne à l’autre, les aliments qui provoquent le dégoût sont très variés. L’un peut adorer ce que l’autre déteste. Mais certains aliments reviennent plus souvent que d’autres dans notre culture.

Les abats

Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurkLes abats regroupent les viscères, les glandes et les extrémités consommables des animaux de boucherie : foie, cœur, langue, cervelle, thymus, tête, pieds… En fait, ce sont les parties de l’animal comestibles autres que les muscles. En France, ils font partie de la cuisine traditionnelle et sont adorés ou détestés. Nous pouvons très bien détester la tête de veau mais apprécier son foie et la perle de sens n’est pas tout à fait la même pour les deux abats. Mais les abats en général nous parlent de notre mental impuissant à vivre l’instant présent.

À travers le dégoût des abats, la vie m’invite à me dissocier de mon mental impuissant à vivre l’instant présent.

Notre mental est un outil fabuleux que nous utilisons pour raisonner, analyser, ordonner… et effectivement il n’est pas là pour nous faire vivre la conscience de l’instant présent, la présence. Mais nous ne sommes pas notre mental ou notre intelligence. Le mental est l’un de nos outils, l’une de nos capacités. L’expérience de la présence ne passe pas par le mental et il est possible de laisser notre mental au repos et de vivre cette présence. Soyons juste conscients !

 

Les huîtres

Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurkCes mollusques marins bivalves se mangent le plus souvent crus et vivants. Et manger un être encore vivant, qui se crispe au contact d’une goutte de citron peut rebuter… Les huîtres vivent dans la mer et se nourrissent en filtrant l’eau. Accrochées à un rocher, elles adaptent la forme de leur coquille à celle du support. Cette coquille est asymétrique : la valve gauche, accrochée au rocher, est bombée et concave alors que la valve droite est plate. À l’intérieur, le corps mou de l’animal est la partie consommée.

À travers le dégoût des huîtres, la vie m’invite à me dissocier de mon mental agissant.

Notre mental est très fort pour nous mettre dans l’action perpétuelle, dans le faire. À nous de ne pas nous identifier à ce que nous faisons, à nos compétences ou aux résultats de nos actions. Ce n’est pas ce que nous faisons ni le résultat de ce que nous faisons qui est important mais ce que nous sommes et ce que nous vivons dans l’expérience de chaque instant. Notre vie est une action permanente et nous sommes ce mouvement. Il n’y a rien à faire, juste à être (ce qui ne veut pas dire de rester sous la couette à regarder le temps qui passe…)

 

Le poisson

Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurkLa chair du poisson est consommée crue ou cuite et son odeur puissante peut couper toute envie de le consommer. Animal aquatique au corps fuselé recouvert d’écailles, le poisson se déplace en nageant et respire sous l’eau à l’aide de branchies.

À travers le dégoût du poisson, la vie m’invite à me dissocier de mon mental bienveillant.

Ne pas nous identifier à notre mental bienveillant ? Oui, vous savez, toutes ces pensées qui nous poussent à être gentils, polis, bien sages, à distribuer de l’amour autour de nous. C’est bien joli mais parfois ce n’est pas juste pour nous. Parfois, nous nous oublions et nous perdons dans ce rôle de « bonne personne ». L’amour n’est pas un objet qui se donne et se reçoit mais un constat. Le constat de ce que nous sommes.

 

Le lait

Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurkChez les mammifères, le lait est le liquide que produit la mère pour nourrir son petit, au niveau des glandes mammaires. On peut être allergique ou intolérant au lait ou simplement écœuré rien qu’à la vue de ce liquide blanc.

À travers le dégoût du lait, la vie m’invite à me dissocier de mon passé.

Nous sommes tellement identifiés à notre passé, à notre histoire. Mais sommes-nous simplement celui ou celle qui a vécu ces évènements ? Notre histoire nous a fait évoluer et nous ne sommes plus la même personne qu’il y a 30 ans, 20 ans, 10 ans ou 1 an. Nous avons changé au fil du temps et des événements. Notre passé, ce que nous connaissons, nos habitudes, nos croyances font partie de nous et nous offrent une sécurité et des points d’appui pour expérimenter l’instant présent. Notre histoire n’est pas la cause de notre bonheur ou de notre malheur, elle nomme notre capacité à être et à vivre là, maintenant.

 

Le fromage

Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurkLe fromage est fabriqué à partir de lait animal acidifié par des enzymes (présure) et des bactéries, ce qui provoque sa coagulation. Il est ensuite égoutté puis, selon les fromages, fermenté et affiné. Pour schématiser, la coagulation fait passer les protéines du lait de la 3D à la 2D, ce qui leur fait perdre leur fonction.

À travers le dégoût du fromage, la vie m’invite à me dissocier de mon fonctionnement habituel dans la dualité.

Nous avons tous un fonctionnement de survie, dans la dualité. Serions-nous vivant aujourd’hui si nous avions fonctionné autrement ? Nous pouvons remercier ce fonctionnement sans nous identifier à lui. Nous sommes invités à passer de la survie à la vie.

Survivre, c’est considérer que la vie n’a de sens qu’à travers ce que nous connaissons. Nous nous appuyons sur ces connaissances et mettons la vie à l’extérieur de nous. Nous cherchons la reconnaissance à l’extérieur, nous agissons pour obtenir un objet extérieur et nous nous accrochons à ce que nous avons construit et à nos savoirs.

Vivre, c’est être au cœur de nous même et laisser le sens se révéler en étant dans l’expérimentation permanente de la présence. Vivre, c’est reconnaître ce qui est vrai en nous en cessant de réagir contre l’extérieur.

 

Les épices et condiments

Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - dégoût - beurkCannelle, gingembre, coriandre fraîche, piment, ail, aneth… les épices apportent aux préparations culinaires des saveurs et parfums extraordinaires pour certains, repoussants pour d’autres. On peut aimer le persil et détester la coriandre mais je ne me lancerai pas dans le détail de chaque plante. Les épices en général nous parlent de rester objectifs…

À travers le dégoût des épices, la vie m’invite à me dissocier de l’image que les autres ont de moi.

Sommes nous ce que les autres voient, pensent ou disent de nous ? Sommes nous ce que les autres voient, pensent ou disent de nous ? Ne sommes-nous pas bien plus que cette image, ce personnage, cette personnalité ?

« La souffrance commence quand nous nous confondons avec nous-même. Nous sommes tellement plus que nous-même. » Christiane Singer

 

Les insectes

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Photo : Blandine Telmon

L’entomophagie ne fait pas vraiment partie de notre culture. Elle serait pourtant une belle alternative à notre consommation excessive de viande. Les insectes regorgent de protéines. J’ai toujours aimé observer les insectes. Je trouve leur monde fascinant et j’ai même écrit un petit livre de vulgarisation sur le sujet. Mais les manger… ça ne me tente pas vraiment ! Lors d’un séjour au Mexique, j’ai franchi le pas et j’ai goûté aux criquets grillés au piment. Bon, c’est pimenté et croustillant mais les petites pattes qui grattouillent le palais, c’est assez rebutant pour moi !

Les insectes sont les animaux les plus nombreux de la planète, non seulement en terme de nombre d’espèces mais aussi en biomasse. Ils grouillent de partout ! Analogiquement, ces petites bêtes nous parlent de notre mental qui fourmille de pensées. Vous savez, toutes ces pensées qui ne s’arrêtent jamais de fuser dans notre tête à chaque instant et à propos de tout…

À travers le dégoût des insectes, la vie m’invite à me dissocier de mon mental qui cogite.

Cette invitation concerne nombre d’entre nous dans notre société. Qui n’est pas identifié à son mental et à toutes ces pensées qui grouillent dans sa tête ? Les pensées de notre mental logique sont notre mode de survie, rassurant. Notre écœurement à l’idée de croquer un insecte est une invitation à vivre la conscience, dans l’instant présent. C’est à chaque instant, hors de toute logique et de toute chronologie que nous sommes vivant, dans notre créativité.

« Manger des insectes vous dégoûte ? La gastronomie française compte pourtant bien des choses peu appétissantes à première vue qui se révèlent être excellentes. Vous rechignez devant une assiette de cloportes mais vous dégustez avec plaisir du dégueulis d’abeilles (miel), des ovules de poules (œuf), du pain moisi (dans le roquefort), du sang de porc (boudin noir), des intestins (andouilles), de la langue de bœuf, des cuisses de grenouilles, des escargots, des rognons, des tripes…sans parler des huîtres que l’on mange vivantes, de la présure pour faire le yaourt et le fromage qui n’était autre que les sécrétions de l’estomac des veaux et des agneaux. Un criquet est-il si différent de la crevette qui orne nos plateaux de fruits de mer ? » Sylvain Legeard

 

Abhorrez-vous certains de ces aliments ? Les perles de sens vous parlent ?
Les aliments que nous adorons nous touchent tout autant que ceux que nous détestons et nous offrirons leurs perles de sens lors d’un prochain article. Dites-moi en commentaire quels aliments ou saveurs vous ravissent à vous pâmer et j’en choisirai quelques uns. Merci !

Photos : Unsplash

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