Perle de sens - Blandine Telmon - Bioanalogie - Cendrillon

Le paradoxe de Cendrillon

 

Voici quelques temps déjà que j’avais envie de créer une nouvelle rubrique sur ce blog : sens des contes et légendes. L’exercice de voir les histoires que l’on raconte à nos enfant et que l’on nous a racontées enfants, les mythes et légendes qui ont traversés les âges sous un œil analogique me tentait. Alors je me lance et partage mon expérience avec ce premier conte : Cendrillon. J’ai choisi celui-ci pour la simple et bonne raison que c’est celui que je préférais quand j’étais petite…

 

L’histoire

Il était une fois…

« La vie ressemble à un conte ; ce qui importe, ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur. » Sénèque

 

Principaux éléments de l’histoire

L’héroïne

Cendrillon est orpheline et vit avec sa marâtre (belle-mère) et ses deux filles, toutes trois odieuses. Elle est à leur service et trime du matin au soir, avec le sourire et beaucoup de grâce. Cendrillon, ce n’est pas son vrai prénom, mais le surnom qu’elle a reçu car elle travaille près du feu et se salit de cendres.

La cendre parle de transformation, de mouvement. Tout est en mouvement et en transformation permanente et la poussière ou la cendre en sont des témoins.

Le décès de ses deux parents parle de sortir des certitudes et sécurités (mère) et de la recherche d’une reconnaissance extérieure (père).

Elle est servante, au service des trois femmes avec qui elle vit. Cela parle de prendre conscience qu’il est temps de décider de s’accueillir et de se reconnaître tel que l’on est.

Cendrillon est donc un personnage qui nous invite à évoluer vers la conscience en choisissant de nous accueillir tel que nous sommes, en lâchant nos certitudes et notre besoin de reconnaissance.

 

L’enchantement

Cendrillon peut aller au bal grâce à l’aide de sa marraine, une fée, qui lui fournit carrosse, chevaux, laquais, cochet, robe de soirée et souliers de verre à partir de ce qu’elle trouve sur place (citrouille, souris, lézard, grenouille). La seule contrainte est qu’à minuit, la princesse redeviendra servante.

La marraine est celle qui révèle le don, cette créativité unique à chacun.

Et ce que cette fée révèle est que l’idéal est le réel. C’est à partir de la réalité telle qu’elle est que tout est possible, que la magie opère.

La princesse, c’est cette petite voix, cette intuition qui guide.

Et minuit, c’est le milieu de la nuit, l’inconscient.

L’enchantement de la fée parle donc de suivre notre intuition pour vivre notre créativité propre en prenant conscience que le réel est l’idéal.

 

Le bal

Cendrillon rencontre le prince. Ils sont charmés l’un par l’autre, dansent et ne voient pas le temps passer. À minuit, elle part comme une voleuse et perd un soulier de verre dans les escaliers du château.

Le prince est le principe, (prince se dit principe en espagnol et italien), la perle de sens contenue dans tout ce qui nous touche.

Danser, c’est jouir de l’instant présent, vivre l’intensité.

Le château est le représenté d’une histoire passée, mémoire d’une famille, d’une dynastie.

Une chaussure enveloppe et protège le pied, premier point d’appui au sol pendant la marche et le verre est une matière minérale transparente qui parle de nous abandonner à notre authenticité.

Enfin, les escaliers, obliques, parlent d’expérimentation, d’action.

La scène du bal parle donc de rencontrer la perle de sens de ce qui nous touche, d’expérimenter chaque instant intensément en nous appuyant sur notre vécu, sans réserve, en nous laissant porter par ce qui est vrai pour nous.

 

La quête du prince et le dénouement

Le prince a un soulier de verre et cherche dans le royaume la femme dont il est amoureux, avec ce seul indice. Cendrillon a l’autre soulier, elle-seule peut entrer son pied fin dedans, mais elle n’ose pas se présenter au château telle qu’elle est, une simple servante.

C’est lui qui vient à sa rencontre, l’accueille telle qu’elle est et lui demande d’en faire autant.

Le dénouement de cette histoire parle donc de nous accueillir tel que nous sommes, dans notre originalité, avec bienveillance.

 

La « morale » de l’histoire

Le message de l’auteur

Il existe de nombreuses analyses de l’histoire de Cendrillon et de sa morale : vertu et patience sont toujours récompensées ; les méchants finissent toujours par perdre ; pas de promotion sociale si l’on n’a pas toutes qualités d’une « honnête femme » ; pour réussir, on peut avoir toutes les qualités du monde, rien de tel que d’être parrainé… Analogiquement, on est bien loin de cela.

On ne sait pas quel message avait voulu faire passer le créateur de l’histoire. Cendrillon est un conte très ancien qui se transmettait à l’oral et contenait bien moins de magie que la version que nous connaissons aujourd’hui, adaptée par Charles Perrault puis Walt Disney.

 

Le message analogique

Peu importe. Si la version que nous lisons nous touche, c’est qu’elle porte une perle de sens, une analogie qui s’adresse à nous et nous parle d’une part de nous que nous avons à faire vivre.

Il est donc intéressant d’observer quelle partie de l’histoire nous touche pour en capter le message.

Et si l’on devait dégager une tonalité générale à cette histoire, une « morale », elle serait la suivante :

Cendrillon nous invite à vivre à chaque instant notre authenticité avec bienveillance.

Cendrillon vient donc nous inviter à ne jamais renier notre vérité propre. Vivre notre authenticité, notre vérité à chaque instant, c’est être toujours vrai, dans notre originalité, tel que nous sommes en toute circonstance et nous accueillir tel quel. C’est dans cette réalité quotidienne, et non dans l’idéal, que la magie opère et que tout devient possible.

 

Le paradoxe de Cendrillon

N’est-ce pas paradoxal qu’un conte de fée où la servante devient princesse, où son idéal se réalise par magie vienne nous enseigner que justement l’idéal n’est pas dans un monde imaginaire parfait mais dans la réalité du quotidien ?

Eh oui, au premier degré, petite fille, on croit à la bonne fée qui comme par magie transforme les citrouilles en carrosses, les guenilles en robe de bal… Et puis, on expérimente la vie et on voit bien qu’une citrouille est une citrouille et que c’est délicieux ainsi. C’est à partir de la réalité telle qu’elle est que nous évoluons par un ajustement à chaque expérience de vie. Le réel est bien l’idéal.

À chaque fois que nous voulons autre chose que ce qui est, nous ne pouvons pas évoluer. Beau paradoxe…

« Il faut que je sois ce que l’on nous demande d’être à toutes : parfaite et en plus légère dans cette perfection, et non seulement légère mais disponible, et non seulement disponible mais parfumée, élégante, tous les soirs jouer à Cendrillon et toute la journée se demander comment diable transformer les citrouilles en carrosses. » Christian Bobin

 

Et vous, étiez-vous touché par l’histoire de Cendrillon quand vous étiez enfant ? Est-ce que le message du conte tel que je le traduis avec la loi du principe fait écho en vous ? Pour ma part, je vois bien pourquoi ce conte me faisait rêver et me touchait particulièrement…

Quels sont vos contes et légendes préférés ? La parole est à vous dans les commentaires ci-dessous. Merci de rendre ce blog vivant !

Photos : Pinterest

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